À pleines dents
Une vie accueillie avec ses ivresses et ses blessures — mais jamais à moitié.
Le monde tourne trop vite
pour que je m’arrête
à regarder les ombres grandir.
J’ai toujours pris la vie comme elle venait,
avec ses ivresses et ses blessures,
ses instants de lumière,
ses nuits déraisonnables
et ses orages imprévus.
J’ai ri plus fort que mes peurs.
J’ai brûlé des heures
que d’autres auraient voulu retenir.
J’ai dansé sous la pluie
sans demander au ciel
ce qu’il préparait pour demain.
Je n’ai pas toujours choisi le chemin le plus sage,
mais j’ai choisi le mien.
J’ai suivi les détours,
embrassé les imprévus,
levé mon verre à la santé du hasard
et accepté de tomber
pour connaître le plaisir de me relever.
La fatigue n’était qu’un murmure
lorsque le présent m’appelait.
Alors j’ai vécu.
Parfois trop vite,
parfois trop fort,
souvent maladroitement,
mais jamais à moitié.
Un jour, mes paupières seront lourdes.
Le calme plat et le grand silence
viendront réclamer leur heure.
Je le sais.
Mais pas encore.
Aujourd’hui, le sang bat toujours dans mes veines
comme une promesse sauvage.
Il reste des nuits à traverser,
des rires à semer,
des pages à écrire
et des horizons que je n’ai pas encore regardés.
L’immobilité peut patienter.
Le silence attendra.
J’aurai toute la mort
pour me reposer.
Mais tant que mes yeux pourront s’ouvrir
sur un matin nouveau,
je continuerai d’avancer,
de rêver,
de créer
et de croquer la vie…
à pleines dents.
Texte et illustration autour d’une vie vécue intensément, avec ses détours, ses orages et sa lumière.


La juste mesure de la liberté
Penser librement, sans jamais empêcher l’autre d’exister.
La liberté, c’est pouvoir penser
que deux et deux ne font pas toujours quatre.
C’est regarder une évidence,
la retourner, l’interroger,
et choisir de ne pas suivre le chemin
simplement parce qu’il est déjà tracé.
Être libre, c’est avoir le droit de douter,
de chercher sa propre vérité
et de donner une voix
à ce que l’on porte en silence.
C’est pouvoir dire « je pense »
sans craindre celui qui répondra :
« Je ne pense pas comme toi. »
Car la liberté n’est pas d’imposer sa vérité,
mais de lui permettre d’exister
auprès de celle des autres.
Ma liberté me donne des ailes,
mais elle ne m’autorise pas
à obscurcir le ciel de quelqu’un d’autre.
Elle commence dans ma pensée,
grandit dans mes paroles
et trouve sa juste mesure
dans le respect.
Je peux choisir ma route,
à condition de ne pas effacer la tienne.
Je peux défendre mes idées,
sans emprisonner les tiennes.
Je peux parler avec force,
sans condamner l’autre au silence.
La véritable liberté
ne se construit ni contre les autres
ni sans eux.
Elle est cet espace fragile
où nos différences peuvent se rencontrer,
où chacun demeure lui-même
sans empêcher l’autre d’exister.
Alors, peut-être,
deux et deux ne feront-ils pas toujours quatre.
Ils pourront faire une question,
un désaccord, une idée nouvelle
ou deux chemins avançant côte à côte.
Car lorsque la liberté est accordée à chacun,
elle ne nous sépare plus :
elle nous apprend à vivre ensemble.
Une réflexion sur la liberté de penser et la frontière essentielle du respect.

Ma princesse
Un poème tendre pour celle qui, sans couronne ni baguette magique, sait rendre les jours plus lumineux.
Ma princesse, certes, tu n’as pas de couronne,
Mais lorsque tu souris, tout résonne en moi.
Tu n’as peut-être aucun château doré,
Mais ton cœur, lui, vaut l’éternité.
Chaque geste, chaque attention que tu me portes
Devient un trésor, une douce émotion.
Tu ris, tu souris, tu vis avec sincérité,
Parfois fragile, mais toujours forte.
Tu fais danser mes certitudes
Et doucement tomber mes inquiétudes.
Lorsque tu arrives, tout devient plus clair :
Tu es ce soleil qui dissipe les nuages.
Sans couronne ni baguette magique,
Tu sais rendre mes jours magnifiques.
Je ne suis ni prince ni héros,
Seulement un homme, parfois maladroit,
Mais qui t’aime d’un amour sincère.
Je ne demande rien de plus
Que ta main posée dans la mienne,
Pour continuer ensemble le chemin.
Et si l’amour n’est jamais parfait,
Le nôtre, ma princesse,
Me donne la force d’avancer,
De sourire encore et de continuer à vivre.
Merci d’être toi,
Ma princesse, ma belle coccinelle.
Je t’aime.
Un texte qui a aussi nourri l’univers du « Voyageur des Lettres et l’Horizon du Nous ».
Danse, ma princesse
Quand le « je » choisit de devenir « nous », l’amour prend le rythme d’une danse.
Je t’aime de manière simple,
sans grands discours ni artifices.
Il suffit que je te regarde
pour que le monde s’éclaircisse.
Alors danse, ma princesse,
danse comme tu en as envie.
Fais tournoyer tes rêves,
tes éclats de rire et ta folie.
Tu es vraiment quelqu’un de bien,
simplement quelqu’un qui aime,
qui offre un sourire, une main,
et rend les jours plus beaux qu’ils ne l’étaient.
Aime-moi comme tu sais aimer,
je t’aimerai comme je le peux,
avec mes maladresses, mes vérités
et cette lumière au fond des yeux.
Accepte-toi comme tu es,
je t’accepte comme je suis.
Nous n’avons pas besoin d’être parfaits
pour inventer ensemble notre vie.
Car lorsque je dis « je »,
mon cœur préfère dire « nous ».
Deux chemins qui se rencontrent,
deux voix qui dansent jusqu’au bout.
Nous sommes nous,
libres, différents et réunis.
Pas seulement l’un près de l’autre,
mais deux êtres qui se choisissent aujourd’hui.
Alors danse, ma princesse,
ma belle coccinelle aux couleurs de fête.
Danse, et laisse notre amour
mettre un peu de musique dans nos têtes.
Une variation plus lumineuse autour du « nous », autre fil conducteur du Voyageur des Lettres.

Textes Krikuri · Poésie visuelle
La Planète des lettres
Un poème sur les lettres qui deviennent mots, les mots qui deviennent phrases et les textes qui cherchent leur liberté.
Prélude à l’univers du futur livre Le Voyageur des lettres.

Je vais vous raconter une histoire,
une histoire de boîtes aux lettres.
C’était sur une planète où,
avec les lettres, on fabriquait des mots —
des maux, parfois, à quelques lettres près.
Avec les mots, on formait des phrases,
remplies de promesses, bercées d’illusions.
Avec les phrases, on écrivait des textes.
C’est beau, les textes, lorsqu’ils portent l’espérance,
avec toutes ces lettres qui s’emmêlent,
tous ces mots qui se mélangent.
Mais que faisait-on des textes ?
C’était sur une planète où
les textes pouvaient être adorés,
haïs, détournés,
éloignés de ce qui les avait composés.
Pauvres lettres, elles voulaient seulement
réaliser un doux rêve : devenir phrases.
Pauvres phrases, elles voulaient seulement
nourrir un doux espoir : devenir textes.
Et lui, il voulait simplement
faire rire, faire sourire,
ne pas décevoir, ne pas rendre triste.
Pauvre de lui, il voulait seulement
être ce qu’il était
et rendre tout cet amour
que lui avaient donné, avec simplicité,
les lettres, les mots et les phrases.
C’était une planète où
l’amour n’était pas un vain mot.
L’amour devait exister dès l’origine,
l’amour, plus que tout,
plus que rien.
C’était une planète où
la lettre devait rejoindre sa boîte
et le texte conserver sa liberté.
Parfois vidé de son sens,
mais toujours riche
de son voyage avec la lettre,
le mot et la phrase,
il savait
qu’il y aurait toujours
un autre texte.
Les prochaines histoires, pensées et poésies viendront rejoindre cette première page au fil de l’écriture.
